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CULTURE - Atelier Découverte de l’architecture

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Depuis le 13 janvier, l’atelier "C’est quoi l’architecture ?" a débuté au lycée Anna Judic pour les élèves volontaires. Découvrez ci-après, semaine après semaine, la progression du projet :

A LA UNE : (CULTURE) ATELIER D'ARCHITECTURE AU LYCEE ANNA JUDIC - Depuis le 13 janvier, l'atelier "C'est quoi l'architecture...

Un atelier découverte de l’architecture en partenariat avec le CAUE, mené avec l’architecte Vincent Nodale.

Séance 1 : mercredi 13 janvier 2021

Thèmes :

Sculpter l’espace.
L’espace se laisse deviner.
L’architecture crée une émotion.
L’espace, on le vit, on le parcourt.

Exercice 1

Sur la base de cet extrait de texte de Georges Pérec, produire une maquette d’une « espèce d’espaces »

« Notre regard parcourt l’espace et nous donne l’illusion du relief et de la distance. C’est ainsi que nous construisons notre espace : avec un haut et un bas, une gauche et une droite, un devant et un derrière, un près et un loin.
Lorsque rien n’arrête notre regard, notre regard porte très loin. Mais s’il ne rencontre rien,
il ne voit rien ; il ne voit que ce qu’il rencontre : l’espace, c’est ce qui arrête le regard, ce sur quoi la vue bute : l’obstacle : des briques, un angle, un point de fuite : l’espace, c’est quand ça fait un angle, quand ça s’arrête, quand il faut tourner pour que ça reparte. »


Séance 2 : mercredi 20 janvier 2021

Thèmes :

Lumière.
Lumière douce. Lumière mystérieuse. Lumière sereine.
La lumière se travaille.
Comme dans une lanterne.
Puits de lumière. Effet de lévitation.
Le reflet de la lumière dans l’eau.
La lumière scénarise le lieu.
Cheminée de lumière.
Plein soleil et clair de lune.
Un claustra de bois. Un moucharabieh.
L’ombre et la lumière.

Exercice 2

Sur la base de ce poème de Rilke, et de cet extrait de Bobin, produire une boîte de lumière

"Cette lumière peut-elle tout un monde nous rendre ? Est-ce plutôt la nouvelle ombre, tremblante et tendre, qui nous rattache à lui ? Elle qui tant nous ressemble et qui tourne et tremble autour d’un étrange appui. Ombres des feuilles frêles, sur le chemin et le pré, geste soudain familier
qui nous adopte et nous mêle à la trop neuve clarté"

Rainer Maria Rilke, « Vergers »

"Quand la lumière, la vraie, celle que les peintres désespèrent d’attraper, glisse chaque matin entre les fentes des volets, elle vient rayer le mur au-dessus de ma tête, dans le lit. Ouvre, elle me dit, ouvre vite, il y a une surprise pour toi. la surprise c’est un jourde plus, différent de tous les autres."

Christian Bobin, « la folle allure »





Séance 3 : Mercredi 27 janvier

Thème :

Les élèves ont expérimenté la lumière sur leurs maquettes, l’orientation de celles-ci par rapport au soleil téléphonique.

Exercice 3

Partie 1

Penser un lieu à partir d’un texte aux détails ponctuels, réutiliser les séances 1 et 2 sur l’espace et la lumière.

S’accrocher à des portes qui claquent, à un balcon, à un long couloir à gauche, à un couloir circulaire, à une verrière.
As-tu pensé à l’échelle ?
Quelle est la taille de ton personnage ?
Comment accèdes-tu à cette pièce ?
Escalier et verrières de papier.
Je te raconte ma maquette.

A LA UNE : (CULTURE) ATELIER D'ARCHITECTURE - Mercredi 27 janvier : Une troisième séance consacrée à la lumière...

"Ils parlent aux clients. Tous les clients écoutent avec attention les propos des garçons, ils surveillent les allées et venues des policiers, ils s’inquiètent, espèrent ou désespèrent de l’issue des recherches, il y en a qui sourient encore de la naïveté de Rodrigo Paestra. Des femmes parlent de l’horreur d’être tuée à dix-neuf ans, et d’en être là où en est la femme de Rodrigo Paestra, seule, si seule, ce soir, dans cette mairie de village, une enfant. Mais tous mangent, dans le désordre, plus ou moins de bon appétit, mais ils mangent cette nourriture apportée par les garçons dans le désordre et la colère. Des portes claquent, celles des couloirs, et les policiers traversent la salle à manger, s’y croisent, mitraillettes à la main, bottés, ceinturés, immuablement sérieux, ils répandent une odeur nauséabonde de cuir mouillé et de sueur. Toujours des enfants pleureront à leur vue.
Deux d’entre les policiers ont dû prendre la direction de ce couloir, à gauche de la salle manger, que Maria vient de quitter.
Judith, au-delà de l’épouvante, ne mange plus de fruits. Il n’y a plus de policiers dans la salle à manger. Le garçon qui les servait revient à leur table en tremblant de colère, il marmonne des injures contre Perez et rend hommage à la longue patience de Rodrigo Paestra, et Judith, des quartiers d’orange dégoulinants entre les doigts l’écoute, l’écoute.
Ils ont d atteindre le balcon qui est au bout du couloir circulaire que Maria vient de quitter. ll ne pleut plus justement, et l’éloignement de leurs pas dans ce couloir qui longe la salle à manger, Maria l’entend dans le ruissellement de la pluie sur la verrière que personne, dans la salle à manger, ne perçoit maintenant. On dirait que le calme est revenu, Le calme du ciel. Le calme ruissellement de la pluie sur la verrière ponctué par Les pas des policiers dans ce dernier couloir — une fois les chambres, les cuisines, les cours, fouillées — l’oubliera-t-on ? un jour ? Non.
S’ils ont atteint le balcon qui est au bout de ce dernier couloir, s’ils l’ont atteint, il est sûr que Rodrigo Paestra n’est pas sur les toits de la ville. — Pourquoi m’a-t-on dit une chose pareille ? recommence Maria tout bas.
Ils ont entendu. Mais aucun des deux ne s’étonne.
Elle a vu ces toits. Il y a un instant encore ils s’étendaient, régulièrement parsemés sous le del, enchevêtrés, nus, au-dessous du balcon, nus et uniformément vide."

Duras, « Dix heures et demi du soir en été »






Partie 2

Faire une maquette, c’est mettre en scène ce qui va s’y passer, imaginer comment se déroule la vie dans le bâtiment.
Raconter sa maquette, par les sens, par l’histoire, par sa géographie.

« Des rideaux rouges, sombres, pour le meurtre. »
« La chambre a une verrière, pièce où il n’y a rien, dans le texte, elle est à l’arrière-plan, on l’entend, mais on ne sait pas d’où ça vient. »
« J’ai laissé des espaces de lumière et j’ai fait une porte qui s’ouvre en deux. »

« Une entrée, et une autre entrée pour aller à l’hôtel, en haut. La première entrée donne sur la cuisine, l’autre mène au balcon. »
« Sous l’escalier, j’ai mis une petite œuvre d’art. »
« Il y a aussi un couloir là, comme j’ai trouvé qu’ils se perdaient . »
« Les fenêtres en bas, c’est pour le style ».

« C’est une grande porte. »
« Un couloir circulaire qui monte. »
« Le mort est sur la verrière, si on met de la lumière, on voit l’ombre. C’est peut-être un suicide, on ne sait pas encore. »
« Le côté ondulé pour rappeler la fenêtre. »
« La salle de réception, observable du haut, sans rambarde, on peut tomber. » )]

Séance 4 : mercredi 3 février 2021

Thèmes :

Abri-Sculpture
Créer un abri sculpture et l’écrire.

Proposer un abri-sculpture architectural sur plan carré avec les éléments suivants :

- Une base de carton gris de 30 cmx30 cm
- Y implanter un carré de papier blanc de 15 cm x 15 cm
- 3 parois verticales en carton gris de 15 cm x 6 cm de hauteur
- 2 parois verticales en carton gris de 6 cm x 6 cm
- 1 à 3 poteaux de 6 cm de haut
- 1 toit plat en cartons gris de 18 cm x 18 cm
A la manière des textes vus lors des exercices précédents, rédiger un court texte (une dizaine de lignes) racontant cette nouvelle maquette, la fonction du lieu créé, son environnement, son ambiance...

Exercice 4

Léa.

Je marche lentement sans but précis. Cela fait longtemps que je ne sais plus où je suis, ni où je vais. Mais peu importe, je me sens bien. Je vais de plus en plus loin, je m’éloigne jusqu’au moment précis où je vois ce bâtiment. Je m’approche, de près on dirait une sculpture, des murs posés ici et là. Une fois arrivée, j’entre à l’intérieur, c’est sombre et lumineux à la fois, et de plus e plus. Un choix s’impose, plusieurs sorties s’offrent à moi. Mènent-elles au même endroit ou à espace différent ? De toute façon, je suis déjà perdue, j’en choisi une, je me retrouve sur une place totalement différente à quelques pas de l’endroit où je me trouvais. Mon esprit se perd, je voyage, je voyage.

Margaux.

C’est la nuit, je dors paisiblement dans ce lit d’une place qui tient à peine dans cette chambre. Jolie chambre vêtue de jaune qui ne dégage aucune notion de mal.
En pleine nuit, de gros sanglots m’étreignent. Tout est noir, je sens les murs se refermer sur moi. La sensation de solitude me remplit. Plus aucune occasion de sortir de cette pièce, je suis prisonnière. Et mes cris viennent me libérer.

Axel.

Lors d’une nuit de tempête, l’océan se déchaîne sur le côté gauche avancé de cette maison de pêcheur. Bien heureusement, celui-ci se trouve bien au chaud dans son couloir entre ses deux poteaux blancs. Le lendemain, monsieur se réveille avec une vue grande ouverte sur l’océan.

Noé.

A début on a peur d’y entrer. Ce long couloir est sombre et inquiétant débouchant sur on ne sait quoi... Mais à force, le froid et la curiosité nous pousse à franchir cette sinistre entrée, et à découvrir la provenance de ces mystérieux traits de lumière. Plus on progresse dans le couloir, moins on y est à l’aise, on a l’impression qu’il se referme sur nous, et il nous donne l’envie de faire demi-tour. Mais une fois l’épreuve accomplie, on découvre alors une récompense à la hauteur de notre peine. S’y trouve un espace mêlant lumière et chaleur, dans lequel on voudrait rester pour toujours, un espace insoupçonnable depuis l’extérieur.